Résumé
Le présent rapport analyse la situation des droits humains en République islamique d’Iran, avec une attention particulière portée aux populations kurdes d’Iran et aux conséquences des opérations militaires et sécuritaires menées contre elles. Il s’inscrit dans un contexte marqué par une dégradation continue des libertés fondamentales, une intensification de la répression politique et une aggravation des violations du droit international humanitaire. Les informations recueillies montrent que les Kurdes, tout comme d’autres minorités ethniques et religieuses, continuent de faire l’objet de discriminations structurelles, de détentions arbitraires, de poursuites judiciaires inéquitables et, dans certains cas, de violences létales.
Le rapport repose sur des échanges avec des défenseurs des droits humains dans les régions kurdes d’Iran, des entretiens avec des civils vivant dans la Région du Kurdistan d’Irak, ainsi que sur l’examen de documents publiés par des organisations kurdes, internationales et onusiennes. En raison des fortes restrictions imposées par l’État iranien et des limitations sévères d’accès à l’information indépendante, il n’a pas été possible de vérifier l’ensemble des faits signalés. Néanmoins, les éléments disponibles confirment une tendance lourde à la répression, qui touche de manière disproportionnée les Kurdes, les militants politiques, les journalistes, les défenseures des droits humains, les prisonniers politiques et les personnes associées au mouvement « Jin, Jiyan, Azadî ».
Au Kurdistan iranien, les communautés kurdes sont confrontées depuis longtemps à des discriminations dans les domaines politique, culturel, économique et social. Les restrictions des droits linguistiques et culturels, les arrestations de militants, les accusations liées à la sécurité nationale formulées de manière trop large, la marginalisation économique des zones frontalières et les exécutions de prisonniers politiques témoignent d’un système de répression durable. Le rapport souligne que les forces de sécurité iraniennes mènent régulièrement des opérations contre des militants kurdes, des défenseurs de l’environnement, des journalistes et des membres de la société civile, souvent au nom de la sécurité nationale, sans garanties suffisantes de transparence ou de contrôle judiciaire.
Le document met également en évidence l’intensification des opérations militaires transfrontalières menées par l’Iran contre des groupes d’opposition kurdes iraniens établis dans la Région du Kurdistan d’Irak. Des attaques au moyen de missiles et de drones ont touché non seulement des installations liées à ces groupes, mais aussi des zones civiles à Erbil, Souleimaniye, Bazyan, Chamchamal, Pirmam et Akre. Ces frappes ont provoqué des explosions, des incendies et une grande inquiétude parmi les habitants. Dans plusieurs cas, les incidents ont eu lieu à proximité de zones habitées, accentuant les risques pour la population civile et soulevant de graves préoccupations au regard du droit international humanitaire, notamment en ce qui concerne la distinction entre objectifs militaires et biens civils.
Le rapport décrit aussi des incidents spécifiques enregistrés entre le 17 et le 18 juillet 2026, notamment dans le gouvernorat de Souleimaniye. Des drones et des missiles auraient visé plusieurs localités, provoquant des incendies et des dégâts matériels importants, notamment à Tasluja, Bazyan et Chamchamal. À Pirmam et Akre, d’autres drones se sont écrasés dans ou à proximité de zones habitées. Bien que les informations vérifiées sur les pertes humaines et les dégâts matériels soient encore limitées, ces incidents illustrent la vulnérabilité persistante des civils face à l’usage d’armes aériennes dans des zones peuplées.
Le rapport attire également l’attention sur les impacts des opérations de sécurité aux frontières iraniennes. Des bergers et des kolbars, ces porteurs transfrontaliers qui assurent leur subsistance dans des régions économiquement marginalisées, auraient été pris pour cible par les forces de sécurité iraniennes. Dans plusieurs cas, des civils auraient été tués sans avertissement préalable ni justification claire du recours à la force létale. Ces situations soulèvent de sérieuses questions sur le respect du droit à la vie, de la nécessité et de la proportionnalité dans l’usage de la force, ainsi que sur l’obligation de mener des enquêtes indépendantes et impartiales.
Le texte revient aussi sur la répression intérieure, notamment contre les prisonniers politiques, les militants kurdes et les défenseures des droits humains. Les cas de détenus soumis à des restrictions de communication avec leurs proches, à l’isolement, à un accès limité aux soins médicaux ou à des pressions psychologiques montrent une dégradation préoccupante des conditions de détention. La prison d’Evin reste un lieu particulièrement sensible, où de nombreux détenus politiques font face à des violations répétées des garanties fondamentales. Des cas comme ceux de Werîşe Muradî, Perya Ferûxî et d’autres prisonniers kurdes illustrent la manière dont la justice est utilisée comme instrument de pression politique.
Enfin, le rapport souligne que le recours massif à la peine de mort demeure l’un des aspects les plus graves de la situation en Iran. Selon les organisations de défense des droits humains, l’Iran figure parmi les pays qui procèdent au plus grand nombre d’exécutions dans le monde. Les inquiétudes portent notamment sur l’usage de la peine capitale contre des manifestants, des militants politiques, des membres de minorités ethniques et des personnes poursuivies pour des infractions liées à la sécurité nationale. Dans plusieurs cas, les condamnations auraient été prononcées à l’issue de procédures entachées d’irrégularités, avec un accès insuffisant à la défense, des aveux présumés obtenus sous la contrainte et un manque de transparence.
Dans l’ensemble, le rapport conclut que la situation des droits humains en Iran s’est détériorée de manière significative au cours de la période 2025–2026. Il appelle à la fin des exécutions, des détentions arbitraires, de la torture et des attaques contre les populations civiles, ainsi qu’à un respect strict du droit international humanitaire. Il recommande aussi un renforcement du suivi international, le soutien à des enquêtes indépendantes et une coopération accrue avec les mécanismes des Nations Unies afin de garantir l’obligation de rendre des comptes et des recours effectifs pour les victimes.
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